ZIDANE PETE LES PLOMBS !!!

 

 

- Que doit-on penser du joueur français après ses frasques peu élogieuses ? -

 

 

Zinedine Zidane est incontestablement un des meilleurs footballeurs au monde.  Le joueur de la Juventus de Turin et de l’équipe de France brille par sa classe naturelle et par son abnégation qu’il met au service de l’équipe.  Zizou fait la pluie et le beau temps chez les « Bleus » et aide pleinement les « Bianconeri » dans leurs conquêtes.  Nonobstant ses qualités évidentes de footballeur, Zidane est aussi un homme public admiré par tout un peuple.  Lors d’un récent sondage, l’homme de « la Castellane » a été élu par les Français « personnage le plus populaire de l’Hexagone » détrônant ainsi l’Abbé Pierre.  Gentil, disponible, aimable, Zidane s’investit dans de nombreuses actions de solidarité.  Humainement, le footballeur français a toujours répondu à l’attente.  On peut donc considérer Zidane comme quelqu’un de foncièrement bon.  Pourtant, Zidane a ses faiblesses.  Sur le terrain, son self-control ne s’est pas montré infaillible, loin de là.

 

 Tout le monde a pu voir les images du coup de boule affligé par Zinedine Zidane à Kientz lors du match de Ligue des Champions qui opposait la Juventus au HSV Hambourg.  On a tous été choqués par l’attitude du joueur d’origine algérienne.  Adressé un coup de tête à un joueur à terre est un acte inqualifiable surtout pour une personne qui est l’idole de toute une jeunesse.  Avec plus de recul, on peut malgré tout avoir un peu plus de compréhension envers le n° 21 de la Juve.  En effet, Zizou est un joueur technique déroutant, il possède une aisance incomparable dans ses gestes, sa conduite de balle a l’art de déconcerter la plupart de ses adversaires directs qui emploient la manière forte pour contrer le magicien.  Il n’est pas étonnant dès lors que Zidane, excédé, perd ses moyens et agit de façon dégradante.  Quoi qu’il en soit, ces agissements ne méritent aucun pardon car un professionnel, de surcroît bénéficiant d’une popularité sans pareil dans le milieu, doit pouvoir se contrôler sur un terrain de football même dans les situations extrêmes. 

 

 

mardi 24 octobre 2000, 22h40

Zinedine Zidane à la lutte avec le défenseur Jochen Kientz au cours de la rencontre de Ligue des Champions opposant la Juventus de Turin à Hambourg. Le meneur de jeu de l'équipe de France a été exclu à la 24e minute pour agression. /Photo Claudio Papi REUTERS

 

 

 

Mais Zidane est-il coutumier de ce style d’agression sur le terrain ? Ou, est-ce que ce geste violent assené au joueur hambourgeois n’était qu’un fait malencontreux ? Vérifions si le champion du monde est habitué à ce type d’écart en recensant le nombre de ses expulsions depuis qu’il évolue en Italie. 

C’est lors de la saison ‘96/‘97 que pour la première fois avec la Juventus, Zidane abandonne le terrain après s’être vu adresser un bristol rouge.  Ce sont alors l’accumulation de deux avertissements qui l’oblige à quitter la pelouse prématurément.  Etre exclu pour abus de cartons jaunes ne peut être considéré comme un scandale.  Plus grave, en revanche, l’épisode qui le voit protagoniste lors de la 15e journée de ce même championnat.  La Juventus joue à Parme et le Français pour se libérer de l’emprise de Chiesa, brutalise d’un coup dans la figure l’attaquant italien.  Un geste violent : le premier de Zizou.  Suite à cela, il est suspendu une kyrielle de matches, présente ses excuses publiquement et promet de ne plus récidiver.  Pendant toute la saison ‘97/’98, Zidane se tient à carreau et aucun travers comportemental n’est à dénombrer.  Mais la saison suivante, Zidane voit à nouveau rouge.  Il est expulsé pendant la rencontre Juventus - Inter pour jeu dangereux, une exclusion légitime mais pas gravissime.  Son expulsion de la saison passée, durant le match qui opposait la Juve à la Roma, fut assurément injustifiée : il se vit adresser un second jaune pour une simulation dans les 16 mètres romains qui en n’était pas une.  En championnat italien, nous avons donc compté un seul mauvais geste de ’96 à ’99, celui de Parme.  C’est donc l’exception qui confirme la règle d’un Zidane en somme correct.

 

Mais, il n’y a pas que le championnat.  Durant l’été ’98, Zidane conduit la France au sacre mondial.  Néanmoins, pendant le match du premier tour France - Arabie Saoudite, il réagit de manière méchante et inconsidérée à une faute saoudienne.  Il écope alors de 2 matches de suspensions.

 

Jusque là, on comptabilise en tout et pour tout deux réactions hautement répréhensibles en presque 5 ans.  Pour un joueur qui est souvent malmené par ses adversaires, cela peut à la limite se comprendre. 

 

Cependant, cette saison les choses se précipitent.  La Juventus joue à nouveau la ligue des champions et, pour inaugurer la saison au « Delle Alpi », la « Vecchia Signora » reçoit le Deportivo La Coruña.  C’est une partie âpre et l’arbitre à fort à faire.  Le fait survient 23 minutes après la pause quand Zidane, au milieu de terrain, tackle le brésilien Emerson lequel se jette à terre mimant une immense douleur : cinéma !  Zidane ne l’a même pas touché, mais le référé l’ignore.  Cette faute de jugement de la part de l’arbitre coûtera au milieu de terrain français 2 journées qui seront réduites à une seule et unique ée suite à un interjection en appel. 

 

Zizou rate la joute du retour en Galice mais se retrouve sur le terrain turinois pour affronter le HSV quelques semaines plus tard.  Le match de ligue des champions est devenu le match de la honte pour Zinedine.  C’est le match qui a vu le mythe Zidane se transformer en un vulgaire querelleur de banlieue.  Un coup de tête violent, méchant, indigne à un adversaire à terre est le pire spot publicitaire qu’un champion comme Zizou aurait pu tourner.  En effet, cette image désolante a fait le tour du monde.

 

En agissant de la sorte, Zidane a mis son club en difficulté.  Son absence lors du match qui opposait le club turinois au Panathinaikos a coûté la qualification au club de Moggi.  Voilà, la Juventus sortit des coupes d’Europe.  En outre, sa popularité en a pris un sacré coup.  Même à Marseille, son lieu natal, une immense affiche à son effigie  (posée par un annonceur) surplombant la Canebière a été grimée.  Toute la France ne comprend pas le coup de folie de Zidane.  De surcroît, beaucoup de monde dans le milieu du football affirme que ce geste aura des conséquences sur le vote du Ballon d’Or.  C’est certain, le meilleur joueur français actuel a perdu de sa superbe.  Mais, Zidane a toujours le temps de se rattraper et de renvoyer ce malheureux incident aux oubliettes.

 

 

Nisdi